Le planning familial 19 et l’association La Bascule organisent à La Renouée à 20H 30 une soirée projection du documentaire « Very bad mother », film de 52 minutes, écrit et réalisé par Camille Lancry. La projection sera suivi d’un temps de discussion.
La réalisatrice, à bout de sa maternité, sort de son isolement pour lutter contre la culpabilité en rencontrant d’autres mauvaises mères lors d’un festival féministe breton.
Cette projection est privée et réservée aux adhérent.es des associations.

Qu’est-ce qu’une mère ?
par Camille Lancry
En janvier 2021, le Télégramme annonce pour fin juillet à Concarneau un nouveau festival : Very Bad Mother avec, à l’ordre du jour, la maternité comme angle mort du féminisme.
Je sillonne alors le Finistère, à la rencontre des Very Bad, comme elles disent. Les femmes du collectif sont issues d’un mouvement anarcho-punk. Elles ont déjà créé une dizaine de festivals : Clitorik sur la sexualité féminine, Bois mes règles, avec cocktails servis dans des cups menstruelles, Apostasik contre la pédocriminalité dans l’Église. Elles jouent de l’humour, de la solidarité et de la joie pour traiter des sujets difficiles.
Pendant le festival, nos expériences individuelles de la maternité se rejoignent et forment un discours politique : la parentalité est un lieu d’oppression par le système patriarcal. Chez les Very Bad, le mot maternité est exclu, on lui préfère la parentalité car on devient parent, femme ou homme, couple gay, lesbiens ou trans. Les Very Bad proposent de sortir du modèle de la famille mononucléaire patriarcale. Elles défendent des expériences alternatives.
Une nuit du mois d’avril, je rêve que je suis une maman debout et, depuis, ce sentiment ne me lâche plus. Je comprends qu’être mère est un levier pour construire le monde de demain. Être parent est un sujet politique.
À Quimper, je rencontre Laure. Elle me raconte la chance qu’elle a eue d’avoir été entourée des femmes de ce collectif féministe généraliste pour sa première grossesse. Elle s’est émancipée à temps des stéréotypes et des injonctions sociales. On devrait toujours faire des cours de prévention à la parentalité !
Ce film est un cri libérateur. L’univers visuel et sonore pensé par l’organisation du festival utilise la provocation et la dérision. Je n’ai pas voulu lâcher cette énergie et je n’ai pas voulu filmer ces mères ailleurs que dans l’expression festive de leur colère.
Pour les cinquante ans du manifeste des 343 salopes, j’ai voulu raconter l’histoire de mères qui font de leurs peines une lutte collective : l’histoire de femmes qui s’émancipent et inventent leur propre parentalité. Selon moi, il est important de :
- Déconstruire le discours sur le bonheur d’être mère
- Libérer les mères de la charge parentale
- Libérer les mères de leur culpabilité
- Faire un bras d’honneur aux injonctions à être la bonne mère
- Militer pour la prévention à la parentalité
- Désindividualiser nos expériences pour politiser l’oppression des mères
- Reprendre du pouvoir et faire de la parentalité une force
- Montrer que ces femmes, même punks, sont de très bonnes parentes
- Dire qu’on est libre d’être autre chose qu’une mère conventionnelle